Dans les coulisses de la gendarmerie criminelle du Pas-de-Calais, cellule rénovée sur les traces de la vérité

Pas si loin des « Experts », bru-shing et costard en moins, réalisme en plus. Bienvenue sur le plateau technique

 Les filtres utilisés par les techniciens en investigation criminelle révèlent des empreintes nettes.

de la cellule d’identification criminelle du Pas-de-Calais, à Arras. Depuis plusieurs semaines, les huit techniciens qui la composent disposent de locaux rénovés et mis aux normes, plaçant le département parmi les plus en pointe. D’autant que cent quatre-vingt-onze gendarmes formés en la matière oeuvrent aussi à l’échelon des brigades locales. Visite guidée d’une cellule sensible où il est rare de pénétrer.

C’est souvent de l’obscurité que jaillit la lumière. Lampe révélatrice en main, masque hygiénique sur la bouche, Nicolas Spagnol, technicien en identification criminelle (TIC), cherche des empreintes digitales sur une feuille de papier. Une brochure chipée dans un bureau. L’objectif est de faire une démonstration… lumineuse.

Auparavant, ce document devenu scellé a suivi un cheminement précis. Pris en compte, conditionné, numéroté, photographié (comme la scène de crime) et suivi à chaque étape, le scellé est « la » star des labos. S’il fait l’objet d’un traitement chimique, c’est acté, pour garantir l’intégrité de la pièce jusqu’à sa présentation à la justice.

Gain de temps

C’est l’heure de passer en salle de traitement physico-chimique. « C’est le coeur du plateau technique, qui réunit le gros du matériel , explique Philippe Maguire (TIC). On y fait des révélations de traces par l’utilisation de produits chimiques. » En trois minutes, montre en main, des empreintes digitales apparaissent. Avant, il fallait parfois quatre jours pour obtenir ce résultat. Un gain de temps précieux. Les traces sont photographiées et intégrées au fichier automatisé des empreintes digitales (FAED). Elles ne constituent pas une preuve pour autant, mais une orientation parfois décisive pour l’enquête.

Direction la salle de traitement des microtraces et biologie. « La salle la plus sensible, indique M. Maguire. Elle est nettoyée et désinfectée très souvent. » Seules quelques personnes peuvent y pénétrer. Une pièce totalement hermétique à la lumière. «  On travaille dans l’obscurité, sans interruption intempestive, embraye M. Maguire. On fait de l’essuyage pour récupérer de l’ADN pour analyse ultérieure. » C’est ici qu’on utilise aussi les « crime lights », ces sortes de lampes torches de différentes couleurs associées à une paire de lunettes filtrantes. Elles permettent d’identifier des taches de sang, de sperme, de sueur, des fibres, des cheveux… « Mais ce n’est pas toujours une tache de sang rouge sur un T-shirt blanc », plaisante le gendarme. Les prélèvements réalisés sont envoyés dans un laboratoire public ou privé, selon la décision du juge.

« C’est une plus-value criminalistique qui permet de gagner en réactivité, se réjouit le colonel Bisognin, patron des gendarmes du Pas-de-Calais. Nous n’avons pas besoin de saisir systématiquement le laboratoire de la police scientifique à Lille, ou l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale à Rosny-sous-Bois. Sur certains dossiers, on peut gagner jusqu’à quarante-huit heures ! »  •

S. COGEZ

PHOTO PASCAL BONNIÈRE

Source : La Voix du Nord

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