CRS et gendarmes mobiles: des femmes derrière les boucliers

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CRS ou gendarmes mobiles, des femmes derrière les boucliers témoignent.

C. PLATIAU / REUTERS

CRS ou gendarmes mobiles, elles étaient au premier rang dans les manifestations de décembre. Rencontre avec de fortes têtes.

Plus tard, elle aura « des souvenirs à raconter », plaisante-t-elle. Alicia, 23 ans, a les nerfs solides et le caractère bien trempé. Des qualités utiles à l’exercice de son métier : elle est gendarme mobile, ou « moblot ». Le 1er décembre, c’est en première ligne, bouclier au poing, qu’elle fait face aux casseurs bordelais, en marge de la manifestation des gilets jaunes. Malgré son lourd équipement, la jeune femme est touchée : trauma crânien et sonore, blessure à l’épaule. « Les projectiles nous pleuvaient dessus, décrit la Lilloise, enrôlée depuis sept mois dans un escadron marseillais. J’ai reçu un panneau de signalisation sur la visière, un engin explosif dans les pieds et une barrière de chantier sur le haut du bras. » Un sacré « baptême du feu » pour l’ancienne étudiante en master de droit du patrimoine, option assurance. Mais pas de quoi la faire douter. « On choisit la gendarmerie mobile pour faire du maintien, voire du rétablissement de l’ordre, affirme-t-elle. Les risques, on les connaît. »

Anaïs, 26 ans, CRS depuis deux ans et déléguée syndicale Alliance, a eu plus de chance. Le 1er décembre, avec ses collègues de Moselle, elle se retrouve au beau milieu du champ de bataille parisien, dans une petite rue près de l’Arc-de-Triomphe. Nez à nez avec « des acharnés sans pitié, dit-elle, venus pour se faire du flic ». « On a fini par reculer, se souvient-elle. Les pierres, bouteilles, extincteurs, barrières et grilles qu’ils nous avaient balancés jonchaient la chaussée. » Elle reçoit un pavé sur le tibia, mais sa jambière amortit le choc. Le 8 décembre, elle est encore sur le pont, dans les Ardennes cette fois, à Charleville-Mézières. Son troisième week-end de travail d’affilée. « Même si le rythme est difficile, le boulot me plaît », lâche-t-elle.

Lire la suite : L’Express

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