Couvre-feu et gouvernement par la peur

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Communiqué de la présidence plurielle du Gouv

16 octobre 2020

Pour qui observe les choix du gouvernement français face à la crise sanitaire actuelle, les preuves d’incompétence et de malhonnêteté (au moins intellectuelle) s’accumulent et la seule question devient de savoir lesquelles l’emportent sur les autres.

Il est désormais clair que la litanie de mensonges des débuts de l’épidémie a laissé place, après la parenthèse estivale, à la manipulation des indices de santé publique afin d’épouvanter la population.

UN AFFRONT AUX PILIERS DE LA DÉMOCRATIE

Comme tous les Français, nous apprenons en conséquence la décision du président de la République d’instaurer un couvre-feu sur de larges pans du territoire français. Si les actes précédents peuvent être qualifiés d’erreur, il s’agit ici d’un affront. Un affront au peuple français, rendu responsable de la propagation d’une épidémie qu’il affronte pourtant pour l’essentiel avec rigueur, dans le respect du port du masque et des autres gestes barrières. Et un affront aux principes et valeurs qui fondent notre nation, et que le Gouv, à la suite des Gilets jaunes, affirme dans ces quatre piliers que sont la justice sociale, la justice fiscale, la démocratie et la souveraineté. Des principes qui développent en réalité les grandes idées de notre devise : l’égalité des citoyens devant l’impôt et les aléas de la vie, la fraternité des décisions prises en commun et la liberté d’être soi-même.

Ce sont ces principes que les ministres du Gouv sont chargés de défendre, des principes qu’ils ont justement appliqués à cette crise sanitaire lors du premier conseil des ministres du 21 septembre dernier.

 

Couvre-feu sanitaire, transports saturés et vols internationaux

 

Car cette gestion non plus hasardeuse mais bien socialement criminelle de la crise du COVID est bien évidemment un facteur d’affaissement de la justice sociale dans notre pays, avec son cortège de pauvreté et de chômage, conséquence d’un confinement brutal qui aurait tout à fait pu être évité comme l’ont montré les exemples de la Suède ou de la Corée du Sud. Le couvre-feu viendra mettre le dernier clou aux cercueils des secteurs de la restauration, de l’hôtellerie, de la culture et du spectacle, de tous les événementiels, et tant d’autres encore. Notre président y voit peut-être un sursaut de cette « destruction créatrice » qu’il affectionne, mais il n’y aura aucune création. Juste un supplément de misère et de suicides.

Ceux qui nous répètent depuis de nombreux mois qu’une deuxième vague arrive ont-ils prévus des lits supplémentaires et du personnel en conséquence ? Pour les lits la réponse est évidemment non, et pour ce qui concerne le personnel, les services en sous-effectifs suppriment tout simplement les congés. Et chaque matin, comme si de rien n’était, les transports en commun des agglomérations ciblées par le couvre-feu continueront de se remplir de travailleurs jusqu’à l’étouffement.

Afin de remplir son rôle d’assurer la justice sociale, un gouvernement sain d’une république non dysfonctionnelle aurait pu se saisir d’une telle occasion pour rééquilibrer la balance fiscale de son pays, mais là encore mieux vaut ne rien attendre pour ne pas risquer d’être déçu. La justice fiscale n’est pas pour demain, tant que des subventions seront versées aux grands groupes qui versent des dividendes tandis qu’une foule de PME fait la queue au tribunal de commerce, en attente de liquidation ou de redressement judiciaire ; tant que les évadés de tous poils et les fraudeurs de toutes conditions continueront de s’exempter de leur devoir de contribuer à la dépense publique ; et tant que la taxation portant d’une manière démesurée sur les classes moyennes ne sera pas rééquilibrée par une contribution juste des classes supérieures et particulièrement du petit nombre qui a concentré les richesses entre ses mains depuis plusieurs décennies.

 

Se saisir de l’occasion

 

Les Français doivent pour cela se réapproprier la politique, leur politique, et faire advenir une véritable démocratie dans leur pays. C’est notre souhait et celui de Raul Magni-Berton, notre ministre de la Transition démocratique. La gestion actuelle de l’épidémie en démontre l’absolue urgence. Les derniers couvre-feux instaurés en France datent de la Seconde guerre mondiale et de la Guerre d’Algérie. Seul ou presque, Emmanuel Macron a choisi de raviver ces souvenirs funestes, pour un bénéfice sanitaire infime comparé aux trains bondés de l’heure de pointe. Il devrait pourtant se douter que le pays est fracturé, que son comité scientifique et l’ensemble de la classe politique sont décrédibilisés, mais sa petite bande prend pourtant des décisions ahurissantes sans jamais rendre de comptes à personne. Les Français sont livrés à un gouvernement qui entend désormais régner par la peur, multipliant avec frénésie les atteintes aux libertés publiques, comme l’explique notre ministre de la Justice Régis de Castelnau.

Il est pourtant possible de se gouverner soi-même, en tant qu’individu comme en tant que collectif humain, mais la condition c’est d’être libre, c’est-à-dire souverain, maître de son propre destin, certain que ses décisions ont un sens, qu’elles seront véritablement appliquées. « On était habitués à être une société d’individus libres » a dit le président de la République ce mercredi, comme s’il fallait maintenant se préparer à ne plus l’être du tout. À l’échelle individuelle, chaque Français le ressent pour lui-même, et une majorité semble hélas s’en accommoder. Nous sommes pourtant convaincus que le couvre-feu n’empêchera pas le retour de flamme, bien au contraire. À l’échelle nationale, c’est toute une souveraineté industrielle, souvent stratégique, qui a brillé par son absence, le manque de masques et de matériel médical adapté, toujours fabriqué ailleurs ; c’est l’absence d’une souveraineté territoriale, et l’impossibilité supposément morale d’interdire les déplacements en avion ou en train au plus fort de l’épidémie, ce qui aurait permis d’éviter le confinement brutal de l’ensemble du territoire ; c’est enfin la routine décevante et habituelle de la béquille européenne, qui se sert de chaque crise pour se renforcer au lieu de se pencher réellement sur le sort de ceux qu’elle est censée aider, avec un plan de supposé « sauvetage » qui va coûter très cher à la France au lieu de la sortir de l’ornière, comme l’explique Édouard Husson, notre ministre des Affaires européennes.

Mais Le Gouv ne s’est pas donné pour mission de critiquer sempiternellement chaque décision inique du gouvernement de la République française, ou chaque fois qu’il se soumet à la pression d’un cartel ou d’un autre (ici l’industrie pharmaceutique). La cadence serait intenable. Nous sommes là avant tout pour proposer des solutions qui ont vocation à faire consensus parmi tous ceux qui sont tentés de se soulever contre le système absurde qui a abouti à cette situation.

Pour ce qui concerne les nombreuses mesures urgentes nécessaires au réel sauvetage de l’économie française, nous renvoyons à l’intervention de Philippe Murer, ministre de l’Économie du Gouv, lors du premier conseil des ministres du Gouv et à la présentation du droit opposable à l’emploi par Jacques Nikonoff, ministre du Travail et de l’Emploi.

Concernant l’amélioration de la situation dans l’hôpital public, les volontés du Gouv se trouvent dans la feuille de route de Christophe Prudhomme pour le ministère de la Santé. La prévention sanitaire face à l’épidémie doit prioritairement être concentrée vers les publics à risques, les anciens et ceux qui ont des facteurs de comorbidité, sans s’affoler outre mesure pour un virus finalement peu mortel dont de nombreux pays ont manifestement réussi à se débarrasser.

Enfin, cette crise peut être l’occasion d’encourager par des mesures incitatives l’expansion du télétravail, qui réduirait la pression sur les transports et augmenterait la qualité de vie de nombreuses familles.

Source : Le Gouv.fr

 

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