Confessions sincères d’un misogyne, raciste, anti-arabe et homophobe

Confession

Je suis incontestablement coupable. Mais je ne parviens pas à me repentir.

J’ai aimé Les Mandarins de Simone de Beauvoir. Et je tiens les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar comme un des plus beaux textes jamais écrit en français.

J’admire Morgan Freeman, un Noir, qui est un grand acteur américain. J’ai beaucoup ri en lisant Je suis noir et je n’aime pas le manioc de Gaston Kelman.

Je trouve magnifique les livres de Boualem Sansal et de Kamel Daoud. Et je me suis senti honoré quand l’Académie française a accueilli en son sein Amin Maalouf. Je ne déteste pas Rachida Dati.

J’ai été séduit par Les nourritures célestes de Gide. Le génie, léger et ironique, de Cocteau ne m’a pas laissé indifférent. Et je n’ai raté aucun film où jouait Jean Marais.

Mais ça ne vaut pas absolution. Je suis misogyne parce que je vois en Marlène Schiappa un sommet de vacuité arrogante. Et aussi parce que je considère comme hystériques les furies féministes qui veulent nous obliger à accepter l’écriture inclusive.

Je suis raciste car je considère que Lætitia Avia a fait voter une loi infâme. Il m’arrive également de trouver grotesque certaines sorties de Sibeth Ndiaye. Et je ne supporte pas que des militantes indigénistes m’assignent, pour me condamner, mon statut de Blanc. Je n’oublie pas non plus Rokhaya Diallo qui m’insupporte.

Je suis anti-Arabe car je voudrais que les fanatiques du CCIF se taisent. Je n’ai en outre aucune considération pour les imams qui disent qu’Allah peut guérir le coronavirus et interdisent aux enfants des écoles coraniques d’écouter de la musique.

Je suis homophobe parce que les livres d’Édouard Louis me tombent des mains. Il m’arrive également de penser que Franck Riester est un des plus piètres ministres de la Culture que nous n’ayons jamais connus. Je pense qu’Yves Saint Laurent s’est très mal conduit à Marrakech. Et je sais que Pierre Bergé était un sale type.

Voilà comment j’ai coché toutes les cases de la fachosphère qui rime avec enfer. Je noircis encore un peu plus mon portrait en ajoutant que je suis aussi anti-cons. Et là je sais que ma défaite est assurée : les cons sont très, très nombreux.

Benoît Rayski

Source : Le Blog de Thérèse

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