Comment rapprocher la police de la population ?

INFO LE POINT. Dans une note, la patronne de la police de l’agglomération parisienne demande à ses effectifs de se « réapproprier l’espace public ».

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C’est une note interne à la préfecture de police, datée du 6 février, que Le Point a pu consulter, et qui s’adresse aux 20 000 policiers placés sous le commandement de Valérie Martineau, la directrice de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP). La DSPAP regroupe Paris et les trois départements de la petite couronne, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne.

Dans son préambule, l’ex-patronne de la police du Val-de-Marne reconnaît que « les tendances qu’il s’agisse des atteintes volontaires à l’intégrité physique ou des atteintes aux biens ont été globalement orientées à la hausse ». En effet, la préfecture de police a enregistré une augmentation de 8 % des atteintes volontaires à l’intégrité physique en 2019 avec 47 308 faits, dont 18 002 sont des violences physiques non crapuleuses comme les violences conjugales. Néanmoins, salue la principale collaboratrice de Didier Lallement, le préfet de police, les taux d’élucidation des infractions progressent, pour les délits de voie publique comme pour les cambriolages.

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« La réalité revient tel un boomerang »

Le chapitre le plus long de sa profession de foi – qui en compte trois – concerne le « rapprochement police-population ». Pour elle, cela passe par la prise en compte de toutes les « doléances de nos concitoyens et d’y apporter une réponse à la hauteur de leurs attentes ». Les habitants de Paris et de son agglomération se plaignent régulièrement et massivement du manque d’entrain des policiers à enregistrer leur plainte, quand ces derniers ne tentent pas de les dissuader. Un groupe de travail, selon la note, s’est mis en place sur « la problématique de l’accueil du public dans les commissariats » et rendra ses conclusions au printemps.

Même s’il existe des procédures de prise de plainte dans des lieux où des populations seraient peu enclines à ouvrir la porte d’un commissariat quand il est ouvert. Comme à la Maison des femmes de Saint-Denis, où un policier s’installe régulièrement dans les locaux pour écouter les doléances des usagers.

« Dans les réunions publiques, Valérie Martineau s’est fait l’écho de l’insuffisante prise en compte des réquisitions de la population pour des tapages ou nuisances et l’éviction des fauteurs de troubles. » En dépit des initiatives locales, souligne-t-elle, comme le véhicule « TV doléances » du commissariat du 18e arrondissement dédié à répondre à ces incivilités diurnes ou nocturnes. Mais la réalité revient tel un boomerang : « Faute d’effectifs suffisants, il ne peut être envisageable de généraliser » ce type d’initiative. Quand les moyens font défaut, il faut se creuser les méninges pour trouver des solutions. La directrice propose de réfléchir à mettre en place le même type de dispositif par « la mutualisation d’effectifs sur un périmètre regroupant plusieurs circonscriptions et d’y associer les polices municipales ».

Verbaliser les toxicomanes

De même, pour rassurer les habitants là où le « sentiment d’insécurité » est très fort et où « la situation est très dégradée », il faut occuper le terrain, préconise la DSPAP. La réponse policière « suppose une occupation massive et quasi continue d’effectifs que la seule ressource locale du commissariat concerné ne peut assumer ». Pour faire fuir les vendeurs à la sauvette, il faut les verbaliser. Les usagers de stupéfiants participent, selon elle, au climat d’insécurité. Quelle solution ? « La forfaitisation délictuelle de l’usage de produits stupéfiants sera prochainement disponible », précise-t-elle. Une nouvelle appli figurera sur la tablette Neo des policiers.

Pour une plus grande visibilité des forces de police, une commande de 200 VTT, dont 50 électriques, a été passée afin d’équiper les commissariats, notamment de banlieue, qui en sont démunis, selon elle. Un travail de titan, donc, à effectifs constants, une vraie gageure. D’autant que ses effectifs ont été largement mobilisés sur le maintien de l’ordre en 2019, même si, en ce début d’année, le niveau de mobilisation paraît moins important.

Source : Le Point

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