Claude d’Harcourt, le préfet de Loire Atlantique, a annoncé, ce mercredi, qu’il allait porter plainte pour diffamation contre un tweet de Serillon.

67901629_598535024008438_3993671560614379520_nVoici le billet de Serillon au sujet de la mort de Steve

Mon cœur chagrin.
Barbara chante et il pleut sur ma ville natale. Nantes.

Une nuit de Fête de la Musique sur un quai de Loire un enfant de 22 ans s’est noyé. Il est tombé dans le fleuve peu après 4 heures du matin, alors que des policiers chargeaient pour mettre fin à la chanson des Berruriers, ultime trouble manifeste (bien que le lieu soit éloigné de toute habitation) à la quiétude générale.
Comme dans une mauvaise histoire il n’y a pas de coupable, pas de responsable. Comme dans les scénarios tristes il y a des discours et des rapports et en fin d’épisode les pleurs d’une famille et le silence des autorités.
Ce « ciel de Nantes qui rend mon cœur chagrin » est celui d’une lâcheté officielle : on plaint les parents et on efface les culpabilités de la chaîne de commandement ayant abouti à la mort d’un homme. Est-ce parce je connais bien cette ville, est ce parce que je ressens toujours la même profonde colère quand on fait jouer les défenses immunitaires d’un corps d’État que je ne me résous pas à accepter même l’embarras d’un premier ministre lisant un extrait d’une enquête de police sur la police !
Le mort au bout du quai
Comment croire qu’il n’y a eu aucun effet de la poussée policière avec chiens et lacrymogènes au point d’entraîner la chute d’une quinzaine de jeunes dans les eaux sombres et dangereuses de la Loire ? Comment exonérer préfet, commissaire et autres responsables de la sécurité des citoyens quand ils se taisent ou pire accusent des jeunes d’avoir ainsi troublé l’ordre public ?
L’action des forces de l’ordre n’était ni justifiée ni proportionnée. Des syndicats de police en attestent. Le premier document d’enquête de l’IGPN est partiel et partial. Des témoins contredisent les faits énoncés. Les juges ont enregistré des dizaines de plaintes. Le Procureur aura attendu plus de trente jours pour ouvrir une information pour homicide involontaire.
Le mort au bout du quai n’est pas une simple victime collatérale c’est un terrible symbole d’une chaîne de commandement (du ministre jusqu’aux exécutants) dépourvue du sens équitable de la fonction sécuritaire.
Le travail de justice est en cours mais il faudra des mois voire plus pour que soient dégagées les responsabilités. L’honneur de la police serait que sans tarder chacun reconnaisse une fatale erreur de jugement et en tire les conséquences.
Claude Serillon

Et voici le texte du tweet de Sérillon:
« Une nuit de Nantes, parce que la musique était trop forte, un préfet de la république a décidé que la vie d’un homme pouvait être effacée.  »

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