Automobiliste et fumeurs : vaches à lait des finances publiques

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D’après une étude publiée par l’Institut Molinari, les fumeurs et automobilistes « en vaches à lait avec 60 milliards de taxes ».

L’Institut Molinari vient de publier une étude portant sur la fiscalité du tabac et des carburants au sous-titre éloquent : « comment l’automobiliste et le fumeur ont été transformés en vaches à lait avec 60 milliards de taxes ». Ce document, qui dresse un tableau clair de l’ensemble pourtant particulièrement touffus de taxes venant frapper de manière directe et indirecte l’essence et l’automobile, permet, ce qui est rare, de dégager une vision d’ensemble du sujet. Il nous apprend ainsi qu’entre le prix hors taxe du gazole et son prix final payé par le consommateur, la différence est de 141%, soit plus du double.

L’écart est plus spectaculaire encore pour les cigarettes, puisque les cigarettes « premium » sont taxées à hauteur de 463% (sic), et les cigarettes dites « bas de marché » à 554% (re-sic). L’Institut Molinari calcule ainsi que la taxation de ces produits représente de l’ordre de 21 % des 284 milliards d’euros de fiscalité sur les différents biens et services…alors que les carburants et le tabac ne représentent que 3,6% de la consommation totale des ménages. 
Disons-le tout net : il n’y a rien de scandaleux à ce qu’une fiscalité spécifique s’applique à des produits dont la société, par ailleurs, estime qu’il est utile d’en dissuader la consommation, compte tenu des effets négatifs qu’ils peuvent avoir sur la santé et/ ou l’environnement. En la matière, comme souvent, tout est question de mesure. Au vu de l’énormité des montants en jeux, de tels niveaux de taxation sont excessifs, pour plusieurs raisons.
D’abord, l’utilisation déraisonnable de la fiscalité cannibalise toute la politique économique. Les gouvernements, incapables de réduire la dépense publique, privés des politiques monétaire et de change, enserrés dans les multiples contraintes juridiques qui font la mondialisation (droit commercial, OMC etc.), conscients que les politiques économiques structurelles (éducation, infrastructures etc.) coûtent à court terme et ne rapportent qu’à long terme, sont tentés de réduire leur action à un recours exagéré à la fiscalité. Cette tentation est d’autant plus grande que l’administration fiscale en France est aussi inventive que puissante. En ce sens, l’augmentation effrénée de la fiscalité sur l’essence et le tabac habitue et encourage les gouvernements à sans cesse accroître la fiscalité en général, jusqu’à faire de la France le champion européen, voire mondial de la taxation. Elle renforce le pouvoir, que l’on prétend pourtant toujours tempérer car technocratique, de la citadelle Bercy.
Ensuite, pour paraphraser Jacques Chirac, la façon dont fumeurs et automobilistes sont pourchassés par l’impôt, confine par trop au « délit de sale gueule ». Lutter contre le tabagisme, protéger l’environnement sont des causes nobles. Mais il ne revient pas à l’Etat nounou d’imposer par la fiscalité une société aseptisée, pensée par quelques-uns, c’est leur droit, qui ne connaissent pas le bonheur que beaucoup ont de griller une cigarette en buvant un petit noir, pas plus qu’ils ne franchissent le périphérique. Taxer ainsi sans mesure cigarettes et gazole, c’est aussi exercer une pression maximale sur les bas revenus. Il y a là une contradiction de plus de la part de gouvernements qui n’ont à la bouche que la protection des plus faibles, mais qui ne manquent pas une occasion de frapper des produits que ces derniers consomment, parfois, c’est le cas de l’essence, sans autre choix possible. 
En définitive, une action aussi punitive à l’égard des automobilistes et des fumeurs laisse perplexe. Car il faut bien, considérant l’état désastreux de nos finances publiques, se demander si au-delà des grandes déclarations de principe, l’Etat, en matière de taxation, ne fait pas sien le principe bien connu selon lequel « quand on a besoin de son ennemi, on est l’ami de son ennemi »

Source : Atlantico

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