Acte XVII : les gilets jaunes se sont invités au grand débat national du député à Brest

Les gilets jaunes devaient descendre au port de Brest samedi 9 mars 2019. Ils ont changé de programme au dernier moment pour se rendre à l’atelier/débat de Jean-Charles Larsonneur.

Gilets-jaunes-une-Larsonneur-090319-IMG_2599-854x569Les gilets jaunes de Brest se sont invités à l’atelier-débat du député Jean-Charles Larsonneur à la mairie annexe de L’Europe, samedi 9 mars 2019, lors de l’Acte XVII de leur mouvement de protestation (© Côté Brest).

C’est lors du désormais traditionnel rassemblement sur la place de Strasbourg à Brest, vers 14h samedi 9 mars 2019, que les gilets jaunes ont décidé de changer les plans de l’Acte XVII de leur mouvement de protestation, débuté le 17 novembre 2018.

Apprenant que Jean-Charles Larsonneur, député de la deuxième circonscription de Brest, organisait le dernier rendez-vous de son cycle d’atelier-débat autour de L’organisation de l’État et des service publics, quatrième thème du Grand débat national, à la mairie annexe du quartier de L’Europe de 14h à 17h, ils ont décidé de s’y inviter.

Un cortège de 200 gilets jaunes

C’est donc vers 14h30 que le cortège, composé de quelque 200 gilets jaunes, s’est mis en route, en descendant la rue de Gouesnou pour rejoindre la salle Plymouth de la mairie.
On notait la présence de quelques gilets roses, qui avaient déjà manifesté de leur côté dans la matinée.

Lire aussi : Les gilets roses du Finistère ont lancé la journée de mobilisation à Brest, samedi 9 mars 2019

Interventions dans l’atelier-débat

Un peu avant 15h, quelque 200 gilets jaunes ont fait irruption dans la salle Plymouth de la mairie annexe de quartier de L’Europe, là où le député (LERM) Jean-Charles Larsonneur bouclait son cycle d’atelier-débat dans le cadre du Grand débat national instauré par le président de la République, Emmanuel Macron.

L’élu de Brest a invité les gilets jaunes à respecter les règles du débat, les prévenant que, dans la salle se trouvaient une vingtaine de personnes sourdes avec lesquels l’assemblée réunie travaillait notamment sur les questions du handicap, grâce à la présence de deux interprètes en langue des signes française. Et faisant ainsi remonter leurs doléances pour une meilleure prise en compte de leur situation dans la société.

Le droit à la parole

L’un des handicapés s’est exprimé, la voix cassée par l’émotion à la fin de son intervention :

Je souhaiterais m’adresser à tout le monde parce que nous sommes tous un peu gilet jaune, nous aussi.
Je n’appartiens à aucun parti politique, je suis simplement militant du handicap. CJe qui se passe aujourd’hui à Brest est historique, alors privilégions l’écoute et la bienveillance. Nous avons la chance de pouvoir nous exprimer aujourd’hui dans ce grand débat car d’ordinaire nous n’avons pas le droit à la parole. Comprenez bien ça, s’il-vous-plaît.

Un débat plus ouvert

Il a vite fallu que le député revoit l’organisation de l’atelier en cours, les gilets jaunes se montrant particulièrement décidés à prendre la parole. Jean-Charles Larsonneur a alors proposé un débat plus ouvert avec questions-réponses.
Ce à quoi ils se sont tous adonnés pendant deux heures.
Abordant des sujets comme l’accessibilité, les statuts des auxiliaires de vie scolaire (AVS) et des accompagnants des élèves en situation de handicap (AVSH), le réchauffement climatique, les salaires, la loi anti-casseurs, la réforme institutionnelle du Parlement.
Interpellant le député sur son salaire (5 400 euros) : «Que l’État fasse le nécessaire pour les personnes qui travaillent 50 heures et gagnent 800 euros par mois», lui a intimé une manifestante. Quand un autre lui lançait : «Est-ce que avez l’intention, vous l’État, de vous bouger le c.. pour que chaque Français puisse vivre décemment !»

Lire aussi : Finistère. Jean-Charles Larsonneur a reçu des gilets jaunes à Brest

«Des projets dans les cartons»

Jean-Charles Larsonneur a fait front, a écouté et s’est efforcé de répondre dans le calme, indiquant à plusieurs reprises que des projets étaient dans les cartons.

Mon rôle est d’écouter ce que disent les citoyens et de le faire remonter à l’exécutif.

Mais il a bien vu que cela ne satisfaisait pas les gilets jaunes.
Qui, à l’issue de ce débat improvisé, indiquaient qu’ils continueraient «à mettre la pression sur l’exécutif».

Au rond-point de Pen-ar-C’hleuz

La quarantaine de gilets jaunes encore présents dans la salle vers 17h ont décidé de passer par Pen-ar-C’hleuz avant de conclure l’Acte XVII. Où ils se sont rendus en (petit) cortège, perturbant quelque peu la circulation, notamment lors de leur deux tours de rond-point, sous la pluie.

Vers 17h30, en remontant vers la place de Strasbourg, les gilets jaunes ont ralenti la circulation du tramway. Dans lequel ils sont montés, à la station Menez-Paul, discuter avec les utilisateurs du transport en commun, les inviter à les rejoindre et à participer à leur assemblée générale hebdomadaire du dimanche, pour descendre station place de Strasbourg.

Une place de Strasbourg sur laquelle les gilets jaunes se sont quittés, sur les coups de 18h.

Assemblée générale

Les gilets jaunes tiendront une nouvelle assemblée générale dimanche 10 mars à 18h dans la salle des gilets jaunes à la Maison du peuple, square Édouard-Mazé à Brest.

Diaporama avec de très nombreuses photos : Actu.fr

Source : Actu.fr

 

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